Collection Francis Paudras

Ville : Chartres
Lieu : Galerie de L'esperluète
Organisateur : Le Pont des Arts/Galerie de L'Esperluète
Tarifs : Entrée libre
Collection Francis Paudras / 04/03/2017 12:00 / Chartres
Collection Francis Paudras
Lionel Hampton coll.F.Paudras Photo Alain Chevrier, 1953





Bill Evans (Chuck Stewart, 1969, prise dans son studio de photo à New York)

Lire l'article "Les trésors cachés", Jazz News n°59, février 2017
Photos de jazz Collection Francis Paudras

La Galerie l’Esperluète a le privilège d’exposer cette année, dans le cadre du Festival Jazz de Mars 2017, une partie de la collection de photos de Francis Paudras (1935-1997). Bien connu dans le milieu du jazz français, Francis Paudras est, d’une certaine manière, aussi connu du grand public dans la mesure où il fut, dans le film Autour de minuit réalisé par Bertrand Tavernier en 1986, le jeune français incarné par l’acteur François Cluzet, lequel apporte aide et soutien au personnage joué par le saxophoniste Dexter Gordon. De fait, Paudras a connu personnellement presque tous les grands jazzmen de l’époque, sans même parler de son dévouement tout particulier envers Bud Powell. C’est dire si les photographies ont été en l’occurrence choisies, collectées et achetées par un passionné qui a connu le jazz « de l’intérieur » !

Dans cette immense collection, qui comprend plusieurs époques et plusieurs volets, nous avons voulu privilégier deux axes : le fonds Alain Chevrier et un ensemble de clichés représentatif des grands noms du jazz des années 60.

Alain Chevrier fut un remarquable photographe de jazz qui a fait des portraits des jazzmen français et étrangers qui se sont produits à Paris entre 1950 et 1960. L’ensemble de ses photographies relève du format carré qui cerne fermement son sujet, laissant en général fort peu de dégagement autour des personnages représentés. Du coup, tout devient important et palpable : l’attention concentrée du jeune René Urtreger, la concentration rêvée de Jay Jay Johnson soutenue par Barney Wilen et Kenny Clarke (tous trois jouant les yeux fermés), la voix rêveuse de Sarah Vaughan qui remplit l’espace et s’élève en volutes dans les mille et un plis des rideaux. On remarque aussi, dans les portraits d’Alain Chevrier, une grande proximité avec les musiciens, comme si le spectateur était tout d’un coup devenu l’ami de Bud Powell, se baladant avec lui dans les rues de Paris. On s’imagine aisément croiser Coleman Hawkins accompagné de Roy Eldridge dans une boîte de nuit, rendre visite à Ella Fitzgerald ou Oscar Peterson avant leur concert pour les encourager, ou après ce même concert pour les féliciter. On pourra même s’imaginer de jouer à  quatre mains une de ses compositions avec Thelonious Monk. En revanche, si l’on se trouve dans la loge de Miles Davis avant le concert, mieux vaudra ne pas troubler les chemins du silence. Cette familiarité qui imprègne les photos d’Alain Chevrier se trouve rehaussée, parfois, par une note d’humour : c’est ainsi que l’on verra un Claude Luter, connu pour son style viril et sa prestance athlétique, assis sagement en train de bercer mollement sa clarinette comme si c’était un bébé. A l’opposé on peut considérer le perroquet du salon, côte à côte avec le célèbre vibraphoniste, comme un parfait symbole du swing ailé que Lionel Hampton avait introduit dans l’histoire du jazz quelques décennies plus tôt.

Le second volet de la collection est constitué par une série de photographies dont l’auteur reste parfois impossible à identifier mais chacune représentait un intérêt évident pour ce grand collectionneur qu’était Francis Paudras. Tout d’abord l’amitié explique la présence de ces portraits de Bill Evans ou d’Herbie Hancock dont Paudras était très proche. Ces photos présentent aussi un intérêt pour l’histoire jazzistique : on peut y voir Philly Joe Jones, grand prêtre de la batterie, bénir ses tambours ; Mingus (particulièrement engagé sur le plan politique) le visage zébré par les ombres de sa contrebasse, ressembler à un guerrier Sioux prêt à aller au combat ; Errol Garner incarner la fameuse « humeur mambo » qui l’a, entre autres, rendu célèbre. Le jazz étant une histoire de rencontres, souvent inattendues, on ne s’étonnera pas de trouver Duke Ellington assis à la batterie sous le regard amusé d’un Bud Powell (ce qui confirme, au passage, le dicton qui veut que la batterie soit souvent l’instrument préféré des pianistes de jazz) ; Chet Baker et Herbie Hancock en train de lire la même partition mais l’un arborant les carreaux et l’autre des fleurs ; le jeune Jacky Terrasson recevoir avec humilité la « leçon de piano » de Maître Herbie ou le jeune Sacha Distel, le regard plein d’admiration, face à Miles Davis et Lester Young. On n’oubliera enfin ni l’intérêt esthétique, bien représenté par ce portrait de John Coltrane en train de répéter, tout en lignes courbes, ni l’intérêt documentaire avec notamment cette photo de Herman Leonard qui nous dévoile une Billie Holiday dans sa cuisine en train de faire cuire un steak à son chien : une façon de montrer qu’elle pouvait oublier la drogue et mener une vie tranquille de parfaite ménagère... Enfin, une photo-souvenir nous montre le réalisateur Bertrand Tavernier, Dexter Gordon et Francis Paudras lui-même pendant le tournage du film Autour de minuit.

L.G.

du 4 mars (vernissage à 12h) au 7 avril

Horaires d'ouverture: lundi de 14h à19hmardi au samedi de 9h30 à 19h

Informations

Collection Francis Paudras

Date(s) : 04/03/2017 12:00

Ville : Chartres

Lieu : Galerie de L'esperluète

Organisateur : Le Pont des Arts/Galerie de L'Esperluète

Tarifs : Entrée libre