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Christian Rose : des photos de jazz à voir et à écouter

Christian Rose : des photos de jazz à voir et à écouter

Dans le cadre de l’édition Jazz de Mars 2019, la Galerie l’Esperluète est heureuse de présenter une exposition du photographe Christian Rose, l’un des grands noms français de la photographie de jazz. Précisons toutefois que Christian Rose est le photographe de toutes les musiques actuelles, du rock au rap et de la soul à la world, sans oublier la musique classique (portrait de Xenakis, de Stockhausen…).

Éclectisme donc. Ses photos sont parues régulièrement, depuis cinquante ans, dans Jazz Magazine mais aussi dans l’International Herald Tribune ou Le Monde de la Musique, aussi bien que dans des revues spécialisées comme Guitare et Claviers. On aura compris que cette exposition ne pourra donner qu’un aperçu du talent et de la créativité de Christian Rose. On y retrouvera néanmoins des thèmes qui lui sont chers et que l’on pourra approfondir si on lit les quelques ouvrages de photographies qu’il a publiés, notamment Instants de Jazz (chez Filipacchi, 1996) et Jazz meetings (Editions du Layeur, 2003). Ainsi les rencontres si fructueuses entre jazzmen, qui font l’objet de ce dernier ouvrage, seront ici représentées par Charlie Haden et Pat Metheny en répétition à Vienne (1986). Avec le «portrait à la cigarette » d’Archie Shepp (1969) c’est aussi un grand chapitre des jazzmen familiers des volutes sonores ou des «sonorités enfumées» (Philippe Carles), qui est sobrement illustré ici et traité plus à fond dans Instant de jazz.

Certains portraits deviennent aussi des occasions de découverte : on savait qu’Ornette Coleman avait été le saxophoniste pionnier du Free Jazz, on le découvre concentré sur un violon aux allures bien classiques ; les dictionnaires du jazz précisent naturellement qu’il fut violoniste… mais le voir à l’œuvre ainsi change tout. De même Yusef Lateef, connu surtout comme saxophoniste ténor, joue de bien d’autres instruments : hautbois (c’est le cas ici), basson, flûtes, sans parler de bien d‘autres instruments à vent du Moyen-Orient.

La photo dès lors s’enrichit de toute une gamme de sons inouïs dans notre imagerie mentale. Les photographies de concert manifestent toujours intensité et originalité : Tony Williams (à l’époque de son groupe Lifetime) apparaît comme un cœur battant inséré dans son horlogerie métronomique ; Joe McPhee aimante les micros (et les auditeurs) comme le ferait un charmeur de serpents; la jeune Cassandra Wilson, lors de sa première venue à Paris (1988) enlace l’invisible amant de la ballade quelle interprète; Johnny Griffin (surnommé Little Giant) semble abandonner son ténor aux souffles cosmiques qui passent au-dessus de la scène. Mais il y a aussi de fort beaux moments de détente et de décontraction: on pense pouvoir discuter avec Chick Corea en buvant un petit noir pas loin de la machine à café (on apprend tout de même que son interlocuteur n’est autre que Martial Solal et, si l’échange porte sur l’instrument pianistique, on imagine facilement le niveau…).

Si bien que ces moments de "relâche" des artistes loin de la scène ont toujours une force insoupçonnée surtout dans ces entre-deux que sont les moments de répétitions ou de balance (Michel Petrucciani, Jim Hall) ou encore sur un tournage d’émissions télévisées (Nina Simone). Enfin, au-delà de la "pose" qu’implique toujours le genre du portrait, Christian Rose parvient à "signer" les caractères et tempéraments d’artistes aussi différents que Keith Jarrett, Abbey Lincoln ou encore Winston Marsalis et, pour ce dernier, on ne manquera pas d’apprécier son plaisir malicieux de se faire photographier par un photographe ami.

Lucien Giraudo

Informations

Christian Rose : des photos de jazz à voir et à écouter

02/03/2019 12:00 - du 2 mars au 6 avril, Vernissage le 2 mars à 12h

Chartres

Galerie de L'Esperluète 10 rue Noël Ballay Chartres

Le Pont des Arts, Jazz en réseau, Galerie de l'Esperluète

Entrée libre